Publié dans : Ici ou ailleurs
Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 16:42

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Oui je vous livre parfois mes travers les plus inavouables, les détails les plus insignifiants de ma vie. Évidemment que parfois je me livre ici sans pudeur, bien sûr qu'à certains moments je pousse les coups de gueule les plus dévastateurs qui soient.

Mais il ya des choses dont je ne suis pas fière, des choses qui me touchent plus, des articles que je ne peux écrire sans faire couler les larmes (et écrire en se mouchant faut avouer que ce n'est pas commode !)

Alors ouais... forcément... Y'a des choses que je ne vous raconterai pas !

 

Je ne vous raconterai pas que j'ai volé de l'argent dans le porte-monnaie de ma grand mère (pourtant déjà pas milliardaire avec sa retraite de caissière) pour le donner à un sans-abri devant le Franprix de notre ville de vacances.

 

Je ne vous raconterai pas que j'étais la seule petite fille qui, sur le chemin de l'école, n'avait pas peur de Tavio, cet hurluberlu mal habillé et qui sentait mauvais, celui qui vivait dans une caravane sur le terrain vague et qui offrait les fleurs qu'il avait cueillies dans le massif de la mairie aux gamines qui rentraient à 16h30. Je ne vous raconterai pas non plus que sa caravane a malencontreusement pris feu et qu'il n'a pas pu en sortir, juste après que les promoteurs aient monté un projet de résidence super luxueuse...

Je ne vous confierai pas que je suis sans doute la seule au monde à me souvenir encore de Tavio...

 

Je ne vous raconterai pas que j'ai passé le réveillon de Noël 1996 avec Christiane, la SDF du quartier. Je lui avait apporté du saumon, et d'autres choses dont habituellement on se goinfre quand on peut s'offrir le luxe de manger durant les fêtes. J'avais pensé au chien aussi, et à quelques vêtements dont les gens de ma famille ne voulaient plus, en particulier les pulls de mon grand-père décédé quelques mois plus tôt.

Je ne vous raconterai pas qu'elle avait pleuré ce soir là.

 

Je ne vous raconterai pas que j'ai passé 2 nuits par semaine durant deux ans à effectuer les maraudes pour le samu social avec la croix-rouge. Je ne vous parlerai pas de Norbert, un allemand que j'étais la seule à "comprendre" (je l'avais fait en première langue) et qui tentait d'exorciser son passé de soldat qui avait tué des enfants.

Je ne vous exposerai pas les raisons qu'il m'a présentée et qui font qu'indéniablement, le retour à la "société" est impossible pour certaines personnes.

 

Je ne vous raconterai pas cette rencontre avec cette jeune Rwandaise de mon âge qui a fui la guerre civile et a été lâchée par les soeurs de la mission humanitaire à Marseille en lui disant "maintenant tu es majeure, débrouille-toi". Je ne continuerai pas non plus en vous racontant qu'une fois arrivée à "France terre d'asile", on lui a annoncé que les bureaux ferment à 17h00 et qu'il est 17h05, on ne peut donc plus rien faire pour elle pour aujourd'hui.

Je n'avouerai pas qu'elle a été obligée de dormir en centre d'hébergement de SDF.

 

Je ne vous raconterai pas tous les squats, toutes les stations de métro, toutes les bouches d'aération où j'ai posé mes fesses pour partager un café, un sourire, une soupe, du réconfort.

Je ne vous dirai pas que j'étais quand même bien piteuse de me dire que quelques heures après moi j'allais retrouver ma maison et mon lit, mon frigo et mes conserves...

 

Je ne vous raconterai pas la tête de mes élèves quand je leur annonce les chiffres de la pauvreté en france. Ils ne me croient pas quand je dis que des gens meurent de froid dans un pays comme le nôtre. Ils n'ont aucune idée de ce qui existe réellement...

Le savons-nous nous-même ?

 

Je ne vous raconterai pas le genre de montée d'émotion que j'ai quand je vois ces gens qui ont essayé de se battre pour changer les choses, je ne regretterai jamais assez de ne pas avoir pu croiser l'Abbé Pierre à un certain salon du livre auquel il n'a pas pu se rendre à cause d'une grippe...

Je ne vous raconterai pas que je pleure à chaque fois quand je regarde le clip de mon ami Kaëm (voir à la fin de cet article).

 

 

Par contre, ce que je peux vous raconter c'est que ces modestes lignes vont offrir 10 repas à des gens qui ont vraiment faim et vous pouvez vous aussi participer à cette opération en rédigeant un article vous aussi (plus de renseignements ICI).

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Ce que je peux vous raconter c'est qu'en allant faire les courses les 09 et 10 mars à Carrefour, vous pourrez offrir quelques uns de vos achats aux plus démunis.

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Ce que je peux vous raconter c'est que du 08 au 14 mars, dans votre magasin Carrefour toujours, ou du 21 au 26 mars dans votre Carrefour market,  pour 4 produits achetés (Danone, Blédina, Volvic et Badoit), un repas est offert aux restos.

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Le reste que je peux vous raconter, c'est Kaëm qui le fera pour moi :

 


J'ai froid j'ai faim - Clip KAËM par mose

 

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